Madeleine Delbrêl, la missionnaire des gens des rues par Olivier Belleil
Editions des Béatitudes : Olivier Belleil, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Olivier Belleil : « Je suis marié depuis 1978, cela fait donc 43 ans, et nous sommes parents et grands-parents. Joie de servir le Seigneur dans la vocation du mariage. Après avoir travaillé sept ans à l’Association des Paralysés de France (APF), nous sommes entrés, en famille, comme communautaires résidentiels au Verbe de Vie, en 1988/1989. Mon désir était d’être à plein temps au service de l’évangélisation. J’ai été responsable de maison en Suisse et en Belgique, puis modérateur général pendant 10 ans (2 mandats). J’ai une formation en philosophie et en théologie. Je fais actuellement une thèse de doctorat sur…Madeleine Delbrêl.»
Editions des Béatitudes : Qui était Madeleine Delbrêl ?
Olivier Belleil : « Une femme originale qui a eu « plusieurs vies » : athée dans sa jeunesse elle se convertit à 20 ans, poète, mystique très discrète sur sa vie intérieure mais ayant vécu un mariage spirituel avec le Christ, assistante sociale auprès des plus pauvres dans les années 1930/40, cofondatrice d’une communauté de vie regroupant des femmes laïques dans une radicalité de vie évangélique, témoin sans complexe de Jésus à Ivry, la capitale du communisme français à l’époque… Une femme de Dieu atypique ! »
Editions des Béatitudes : Pourquoi avez-vous envie d’écrire ce livre ?
Olivier Belleil : « Aujourd’hui, bien des façons de parler de Dieu ou des choses de la foi ne passent plus. Le langage est souvent « hors sol », abstrait, coupé de la vie. Ce n’est plus une bonne nouvelle qui donne envie de rencontrer Jésus, de changer de vie pour lui. Le langage de Madeleine, dans le fond et la forme, est très intéressant. Elle a le don de parler avec des images, des faits de la vie quotidienne, ce qui rend son message vivant et percutant, même pour des gens loin de la foi ou de l’Eglise. Elle pense en paraboles. Un exemple à suivre pour nous tous, que l’on soit parents, éducateurs ou prédicateurs ! »
Editions des Béatitudes : Quel est votre lien avec Madeleine Delbrêl ?
Olivier Belleil : « D’après mon épouse, c’est devenu ma seconde femme ! (rires) Non, elle trouve qu’elle me fait beaucoup de bien, en tant qu’homme… C’est vraiment une femme prophète. Elle me frappe par son étonnante actualité : son beau témoignage de foi dans un monde déchristianisé. Plutôt que de se lamenter sur la situation actuelle, de vivre dans la nostalgie du passé, de se replier dans l’entre-soi catholique, elle a vécu avant la lettre les orientations du pape François : être une Eglise en sortie, pauvre mais décomplexée, joyeuse et évangélisatrice, conjuguant vie contemplative et vie active. Elle a assumé une nouvelle manière d’être dans le monde, à la fois bienveillante pour les personnes (par exemple les communistes), mais lucide et critique vis-à-vis des idéologies (le communisme). »
Editions des Béatitudes : Quelle parabole de Madeleine Delbrêl vous parle le plus ?
Olivier Belleil : «J’aime beaucoup celle de la vie spirituelle comme une danse où l’on est entrainé dans les bras du Bien-Aimé. Ou celle du vélo, pour dire que notre vie humaine et chrétienne, se vit dans un dynamisme, une course en avant, mais où l’équilibre se trouve dans le mouvement. De façon plus générale, ce qui m’intéresse, c’est de voir comment elle nous apprend à découvrir dans l’ordinaire de notre quotidien, des paroles/paraboles de Dieu. »