Rencontre avec Hervé et Thomas Joachim
Éditions des Béatitudes : Racontez-nous un peu la genèse de ce livre. Comment cela a démarré ? Comment s’est élaboré petit à petit ce parcours ?
Thomas :
Pour moi, c’est une longue histoire qui remonte aux années 2000. Je vivais aux USA et en entendant des pasteurs évangéliques citer tout le temps la Bible pour éclairer leur vie, j’ai réalisé que je connaissais finalement assez mal les Écritures, bien que je sois prêtre. En fait, je n’étais pas bien sûr de l’avoir lue au moins une fois d’un bout à l’autre ! Je me suis donc mis à la lecture intégrale de la Bible. Je ne la quittais plus et profitais des moindres moments pour continuer ma lecture. Et puis, comme ma forme d’esprit est plutôt pédagogique, j’ai cherché à voir comment je pourrais aider les autres à faire ce même parcours. Les choses se sont mises progressivement en place dans ma tête, et lors d’un pèlerinage en Terre sainte avec quelques jeunes pros, je leur ai fait un petit exposé d’une heure sur l’unité de la Bible. J’ai été étonné de voir leur enthousiasme ! Avec certains, nous avons alors imaginé de faire tout un week-end qu’on intitulerait « Toute la Bible en un week-end ». C’est ainsi que j’ai donné une session, puis deux, sur ce thème. Hervé avait suivi l’un de ces week-end et avait été lui aussi emballé. Alors, avec son esprit de manager, c’est plus tard qu’il a imaginé d’en faire un parcours pour la paroisse d’Asnières. Je le laisse continuer l’histoire…
Hervé :
En effet, à Asnières, comme dans de très nombreuses paroisses en France, nous vivions les parcours Alpha Classic depuis quelques années. La paroisse retrouvait une belle dynamique, ouvrant les portes et créant de nouveaux liens de fraternité dans la joie toute simple de passer du temps à parler ensemble de Jésus. Et en fin de parcours, systématiquement, les participants nous disaient « Vous avez allumé quelque chose, ne nous laissez pas tomber maintenant ! ». Certains devenaient serviteurs ou animateurs des prochains parcours Alpha, mais on sentait qu’il y avait besoin d’une nouvelle proposition, et nous n’étions pas alors collectivement mûrs pour nous lancer dans l’aventure de petites fraternités paroissiales. Comme une évidence, la retraite de Thomas sur la Bible en un week-end m’est revenue à l’esprit. Imaginer une suite sous forme de parcours bibliques structurés permettrait de continuer à entretenir la belle dynamique pastorale initiée avec Alpha et de préparer la moisson. Et débuter par une vision panoramique de la Bible, what else ! Nous avons alors retravaillé, complété, peaufiné la retraite de Thomas, transformée en un parcours de huit soirées équilibrées, proposé à tous. Il restait à trouver un nom à ces parcours d’un genre nouveau. Alpha, on comprend, c’est le commencement. Comment donner un nom à ces suites ? Parcours Maranatha s’est vite imposé, « viens Seigneur Jésus » !
EdB : Comment ce parcours touche-t-il les gens ? Quels fruits voyez-vous ? Pouvez-vous nous partager deux ou trois anecdotes qui nous montrent pourquoi cela vaut la peine de se lancer dans cette découverte incroyable de la Parole de Dieu ?
Hervé :
Le succès a été immédiatement au rendez-vous, et la première session a rassemblé 130 participants tous les jeudis soirs entre Noël et Pâques, agrémentée d’une retraite délocalisée. En parallèle, sur la même période, tous les week-ends, nous avons organisé au sein de nos trois clochers une lecture intégrale de la Bible, où toute personne qui le voulait pouvait venir écouter la Bible en accès libre pour dix minutes, une heure, une demi-journée, seul ou en famille. On a même un paroissien, Yannick, qui a suivi l’intégralité de cette lecture en continu ! Il y avait donc la lecture de la Bible le week-end, et les soirées Maranatha le jeudi. C’était le feu, le début de l’aventure des parcours Maranatha sur Asnières. En un sens, ce livre a été co-écrit avec les paroissiens d’Asnières !
Thomas :
C’est vrai, je m’aperçois, toujours avec un certain étonnement, que dans l’enseignement de la doctrine chrétienne (du simple catéchisme à la prédication du dimanche, en passant par une rencontre dans la rue), rien ne touche plus les gens que la Parole de Dieu. Comme dit l’épitre aux Hébreux, « Elle est plus tranchante que toute épée à double tranchant ; elle pénètre jusqu’à la division de l’âme ainsi que de l’esprit, et des jointures ainsi que de la moelle, elle juge les dispositions et les pensées du cœur. » Je perçois, aussi bien dans ma paroisse de Genève que dans celle d’Hervé à Asnières, que les fidèles ont soif d’approfondir la Bible. C’était très touchant, lors du premier parcours à Asnières, de voir des personnes se mettre vraiment à lire intégralement la Bible, à en faire leur pain quotidien.
EdB : Pourquoi avez-vous désiré exporter ce parcours, l’élargir à un public plus grand ?
Thomas : Parce que les gens en ont besoin ! La Parole de Dieu est nourrissante et guérissante. Beaucoup se trouvent dans une sorte de désert spirituel et il faut leur proposer des oasis. Les anciens avaient un adage : « Bonum diffusivum sui » (le bien est diffusif de soi, le propre du bien, c’est de se diffuser). Jésus nous l’a dit : « Ne mettez point la lumière sous le boisseau. » Il faut qu’elle soit placée bien haut sur le lampadaire afin d’éclairer le monde.
Hervé : Et puis, très concrètement, l’équipe d’Animation Pastorale d’Asnières s’était beaucoup impliquée dans le déploiement de ces parcours, et nous constations régulièrement tous les bons fruits qui en sortaient, notamment ces nouveaux « leaders » qui, ayant suivi ces parcours, se levaient et venaient prendre des responsabilités dans tel ou tel autre service ou mission de notre paroisse. Avec notre curé, le père Rapin, on s’est dit que ce pourrait être l’une des propositions utiles pour d’autres paroisses qui souhaiteraient redynamiser leur pastorale. Notre évêque, Mgr Rougé, a accueilli très positivement cette initiative, s’est impliqué dans nos soirées, et a béni le projet d’une diffusion plus large. Le premier tome est donc aujourd’hui disponible, non pas seulement à destination des paroisses, mais pour toute personne, petit groupe ou fraternité qui souhaitera cheminer et se familiariser avec la Bible.
EdB : Quel conseil donneriez-vous a quelqu’un qui a le livre entre les mains et qui voudrait le commencer là où il est ?
Thomas : Tout simplement de se laisser guider par le livre. Il existe beaucoup de livres d’introduction à la Bible. Ce qui fait l’originalité de celui-ci, c’est son aspect pédagogique. Selon une autre belle formule latine, on pourrait dire qu’il est une « manu ductio », une manière de conduire le lecteur par la main.
Je suggérerais aussi au lecteur de chercher à voir ce que chaque passage de la Bible peut éclairer concrètement dans sa vie. En effet, cette introduction n’est pas un livre d’exégèse. Ni Hervé, ni moi ne sommes des « biblistes » au sens universitaire du mot. Ce livre est plutôt une prédication sur la Bible. Or, le propre de la prédication vivante, c’est d’appliquer la Parole de Dieu à ma situation concrète.
Hervé : Pas mieux ! Si ce n’est d’insister sur l’originalité de cette introduction biblique fondée sur quelques intuitions qui nous semblent pouvoir faciliter la lecture de la Bible. Notre manière habituelle de fréquenter la Bible se fait par « petits bouts ». Nous entendons tel ou tel passage, tel ou tel verset, cela nourrit notre foi et notre prière, et c’est très bien comme cela. Mais peut-être que le Seigneur veut aussi nous dire quelque chose non pas seulement au travers d’un seul passage, mais aussi au travers de toute la Révélation, de la Genèse à l’Apocalypse. C’est l’ambition de cet ouvrage : mieux discerner ce que le Seigneur veut nous dire au travers des 73 livres de la Bible, afin de donner envie de la lire pour en vivre chaque jour.