Rencontre avec Jean-François Holthof auteur de La Terre et la Sagesse
Éditions des Béatitudes : Comment en êtes-vous venu à vous intéresser à l’écologie ?
Jean-François Holthof : Disons que je m’intéresse à la nature plus qu’à l’écologie. C’est très ancien chez moi, mais depuis que je vis en pleine nature à l’ermitage du bois de Païolive, sa présence est plus intense et sa voix se fait entendre plus fort et plus distinctement. A la suite de rencontres avec des naturalistes et des chercheurs, j’ai découvert combien la connaissance de la nature, notamment scientifique, était bienfaisante et devait être intégrée à la confession de la foi. Le premier article du Credo la concerne directement.
Éditions des Béatitudes : En quoi les Pères de l’Église étaient-ils écolos ?
Jean-François Holthof : Ils ne l’étaient pas et moi non plus d’ailleurs. Mais il n’y a crise écologique que parce qu’on imagine que tout commence il y a seulement deux ou trois siècles et on a perdu le recul permettant de comprendre pourquoi les chemins sur lesquels on s’est engagé ne sont pas les bons. Ainsi on répète toujours les mêmes discours et on ne change pas de voie. Les Pères nous guérissent de l’amnésie et n’ont pas de tolérance vis à vis des erreurs les plus graves. Ils incitent ainsi à ne pas se résigner et à quitter des postures simplement défensives alors que l’heure est à l’offensive.
Éditions des Béatitudes : Pensez-vous que nous pouvons sortir de cette crise environnementale ?
Jean-François Holthof : Je pense qu’il y a deux crises, celle qui est dans les têtes et celle qui est dans l’air, l’eau, les sols, les êtres vivants. Pour celle-ci, les solutions existent, elles sont bien connues, mais on ne les met pas en œuvre parce que les têtes sont pleines d’idées paralysantes et négatives. On s’efforce en fait de repousser jusqu’à l’idée de nature alors que les meilleures solutions sont celles qui sont fondées sur la nature. Un exemple à propos de la biodiversité : grâce aux lois de protection, qui datent des années 1970, beaucoup d’espèces de rapaces ou de grands mammifères, qui étaient au bord de l’extinction, ont reconstitué en France des populations importantes. Si on laisse la nature tranquille, elle peut encore nous surprendre par son dynamisme.